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Il est essentiel de distinguer la notion du handicap
psychique de celle du handicap mental. Ce dernier est en général bien
identifié, depuis longtemps, lié à la déficience intellectuelle, quelle
qu'en soit la cause. Plus nouvelle, la notion de handicap psychique a
émergé avec l'évolution des soins psychiatriques ces vingt dernières
années, et le passage du concept de la maladie mentale à celui, beaucoup
plus plus large de santé mentale, définie par l'O.M.S. comme "un état
complet de bien-être physique, mental et social". Le handicap
psychique touche particulièrement les personnes souffrant de troubles
psychotiques, et parmi elles, entre autres mais sévèrement, les
personnes souffrant de schizophrénie. Ces personnes ont en effet accès à
une prise en charge spécialisée de façon plus précoce, et dès le premier
accès de délire ou d'hallucination ou de retrait sur soi massif, elles
peuvent bénéficier de soins qui sont devenus plus efficaces aussi.
Toutefois, les progrès récents ne permettent pas encore de guérir les
psychoses comme la schizophrénie et si les accès de décompensation
bruyante sont mieux contenus à l'hôpital, celui-ci a plutôt tendance à
se désengager de tous les aspects qui ne sont pas en lien étroit avec le
soin. Or, sortis des services hospitaliers, les personnes souffrant de
schizophrénie peinent énormément à s'insérer sur les plans sociaux et
professionnels en raison même des troubles affectifs relationnels et
cognitifs qui persistent en dehors des accès. Ces personnes tolèrent mal
les structures existantes, CAT, foyer d'hébergement, inadaptées pour
elles qui ne cohabitent pas facilement avec les personnes handicapées
mentales. C'est pourquoi il est désormais fondamental que notre société
prenne en compte ces personnes handicapées psychiques et leur propose
des solutions d'insertion socio-professionnelle adaptées.
Docteur
Michèle PACAUT-TRONCIN
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